Le Clocher tors

Horloge

Plus au Sud, c'est dans la Saône-et-Loire  qu'on va découvrir une nouvelle flèche torse recouverte en tuiles. L'église St Maurice de MERVANS a été construite au XIVè siècle.
Une restauration insuffisante sera opérée en 1893. En effet, en 1902, l'église s'effondre entièrement, seul le clocher reste debout. Il est vrai que l'édifice était construit en briques de mauvaise qualité.
Par la suite, la nef sera reconstruite et le clocher restauré. Il a aujourd'hui fière allure, dominant la campagne bressane. La flèche est octogonale et est liée à la tour carrée par une pyramide dont les angles sont tronqués. Elle tourne d'1/8 de tour de gauche à droite, assez régulièrement, sur toute sa hauteur. La torsion se double d'un devers de 0.80m. L'ensemble est de taille respectable puisque la tour mesure une vingtaine de mètres et la flèche presque 35 mètres.

N'oublions pas que MERVANS est en Bourgogne et que le constructeur a utilisé des tuiles vernissées de différentes couleurs. La restauration de 1893 a préservé les motifs anciens et on peut admirer aujourd'hui l'harmonie de l'ensemble : des tuiles sont rouges (fixées avec des crochets de cuivres) et les arêtiers sont noirs (fixés par de fortes vis en cuivre). La pyramide de base est parsemée de losanges noirs et les faces de l'octogone sont soulignées par une ligne de motifs blancs.

L'origine de la torsion est controversée. Un rapport du Comité des Inspecteurs des Travaux Diocésains, à Paris, daté de 1893, précise que "les arêtes de l'octogone sont tordues, les axes sont déviés, les amortissements du carré à l'octogone sont déversés et mal assis". Tout cela ressemble bien à ce que l'on trouve dans l'église de PUISEAUX. Cependant, le même rapport constate plus loin que "la torsion des arêtes, notamment semble avoir été voulue par le constructeur". Il n'est donc pas possible de prendre une position ferme. Laissons plutôt les légendes nous expliquer l'origine du clocher.

L'une d'elles nous apprend que la flèche aurait été construite en une nuit par des fées...

Une autre, reprise dans un conte de Claude Perrault, fait intervenir le diable à la demande de la Baronne  de MERVANS, le charpentier Crétin - c'est son nom - édifie le clocher. La flèche est presque terminée. Il ne reste plus qu'à fixer la croix et le coq. Crétin se doute que le Malin va intervenir et passe la nuit précédant ce travail dans le clocher, montant la garde avec un saut d'eau bénite. A minuit, Satan arrive au milieu d'une odeur de soufre pour détruire l'ouvrage avant que la croix la protège. Il commence à tordre la flèche quand Crétin lui envoie une douche d'eau bénite. Le diable, ébouillantée, s'enfuit en hurlant, mais le clocher, lui, restera tordu.